DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009

Bienvenues, bienvenus sur Asante

Bonjour a toutes et a tous. Les contes et légendes qui suivront sont authentiques, sortis de la parole de personnes africaines, citoyens de leur pays et vous seront transmis tel que je les ai enregistre lors de mes années d'Afrique. Ils vous seront transmis tels qu'ils m'ont été transmis afin de garder le charme et l'authenticité de la parole. Comme vous le savez, il s'agit la de trésors de littérature verbale, transmis depuis le fond des ages, de bouche a oreille entre les populations, dans les villages et les villes de ce magnifique continent que constitue l'Afrique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous apprécierez.

vendredi 12 juin 2009

dicton

celui qui rame dans le sens du courant, fait rire les crocodiles.

jeudi 11 juin 2009

Les Mapasa

Conte de la region de l'Equateur, sous region de la Mongala, territoire de Lisala.

Il y a longtemps, bien longtemps, vivaient dans un village deux jeunes garçons jumeaux,
les Mapasa.
L'aine s'appelait Maboso et le cadet Mangongo. Leur pere etait chasseur, jamais sa famille
n'avait faim.
Le temps s'ecoulait paisiblement jusqu'au jour ou devenus grands, les Mapasa deciderent
de devenir chasseurs comme leur pere.
Ils quitterent le village pour s'engager dans l'immense foret.
Emerveilles, ils continuerent a marcher jusqu'au moment ou l'aine Maboso fatigue de
marcher, s'adressa a son frere Magongo :
- Arretons-nous un peu, je suis fatigue de marcher et j'ai faim.
Mettons nous sous cet arbre-la.
A peine etaient-ils assis, un oiseau merveilleux au plumage multicolore vint se poser
devant eux.
Les Mapasa surprit d'abord de cette presence si proche, furent cloues sur place, quand
du bec de l'oiseau sortirent ces paroles :
- Oh papa, maman, venez a mon secours. Je suis poursuivi par un long serpent du nom de
boa, du nom de vipere, du nom de python.
Puis l'oiseau s'envola.
Les Mapasa se leverent effrayes de cet animal mystique a la voix humaine, et s'enfuirent
plus loin dans la foret. Ils ne possedaient ni lame, ni filet, ni pierre, rien qu'une machette.
Arrives a un endroit de la foret, ils se mirent a dresser un Molako ou sorte d'abri.
La nuit ne tarda pas a venir et les Mapasa caches dans l'abri se mirent a somnoler.
Il n'y a rien de plus mysterieux que la nuit africaine et dans l'obscurite, la foret reprit
sa forme vivante.
Les animaux vinrent se presenter un a un aux Mapasa. Le dernier fut l'oiseau a la voix
humaine, qui entonna une chanson :
- Que les Mapasa sont betes, qu'ils rentrent vite au village ou un orage a fait des morts
emportant les leurs.
Qu'ils aillent voir les tombes ou le tam-tam s'est tu.
Le sommeil leur fut impossible, ils pensaient a leur pere Mbuli, au vieux motomba et au
grand-pere Mbadi.
Le matin venu, les Mapasa se presserent de retourner au village. Sur le chemin de retour
les oiseaux de la foret accompagnaient le deuil des deux freres. Aucun ne chanta.
Arrives a l'endroit ou se trouvait leur village, les Mapasa n'ont trouves ni poules, ni etres
humains, seulement un desert sillones de tombes. C'etait comme si tout cela n'etait qu'un
affreux reve.
C'est pas vrai se dit l'aine et cria :
- Je veux savoir. Je veux savoir pourquoi Mbuli, pourquoi Motomba, pourquoi tout le
monde est mort comme ça en nous laissant seuls.
- Oui, rencherit le cadet, je veux savoir.
- Papa nous avait appris un jour, l'existence d'un feticheur, le plus grand qui y soit dans
toute la region. Celui-la peut nous expliquer le pourquoi et le comment de toute cette
catastrophe.
- Mais il habite au bord de la riviere Motima et pour s'y rendre, il nous faut traverser un
fleuve profond et large, ou habite le genie malfaisant.
- Allons-y quand meme.
Arrives au bord du fleuve, ils prirent place a bord d'une pirogue sans pagaies qui s'y
trouvait.
Ils descendirent le courant en chantant tristement.
- La pirogue de papa Mbuli. Quel nom ?
- Mongo Mongololo
- La pirogue du vieux Motomba. Quel nom ?
- Mongo Mongololo
- La pirogue du grand-pere Mbadi. Quel nom ?
- Mongo Mongololo
- Et celle qui avance sans pagaie. Quel nom ?
- Mongo Mongololo.
Au milieu du fleuve, ils virent soudain l'oiseau au plumage multicolore volant au dessus
d'eux.
- C'est un genie bienfaisant de la terre comme de l'eau. Il est venu nous proteger contre
tous les dangers.
Tout a coup, la pirogue s'arreta clouee sur place a un endroit ou l'eau tourbillonnait et
soudain, une voix cria :
- Comment traversez-vous mon fleuve ?
- Avec quelle permission m'avez-vous reveille ?
- Pourquoi venez-vous troubler l'eau qui ne vous appartient pas ?
- Je ne vous demande qu'une chose maintenant, donnez-moi la moitie de tout. Remettez-moi
la moitie de votre pirogue. Et l'un de vous restera ici pour mon diner.
Les deux freres tremblerent de tout leur corps. Quand soudain, l'oiseau merveilleux cria
a l'esprit du fleuve :
- Ils sont aines
- Ils sont cadets
- La mort est venue chez eux
- Tous ont peri, Grand Genie des eaux noires.
- Laisse passer les Mapasa.
Le Genie repondit :
- Enfants sacres, les Mapasa ne paient pas, passez en paix et poursuivez votre route.
Les Mapasa passerent. Arrives a l'autre rive, ils demanderent ou trouver le feticheur,
quand une voix fine leur dit :
- Soyez les bienvenus. Je sais ce que vous cherchez. Ecoutez bien ceci, entrez au fond
de mon village, mangez la a votre faim.
- Vous vous reposerez ensuite et viendrez me voir demain.
Les Mapasa chercherent en vain la voix qui leur parlait, l'etre restait invisible.
Le lendemain, les Mapasa revinrent au meme endroit, ou la voix leur dit :
- Bonjour, je vois que vous etes anxieux, et que vous vous posez des questions sur la
fin de votre village.
- J'admire votre courage, alors de toutes vos oreilles, ecoutez-moi.
- Levez les yeux et vous me verrez.
Ils virent alors un enorme hibou, avec d'enormes yeux, un bec dur et des longues serres,
un etre pas ordinaire qui les frappa de stupeur.
- Je m'appelle Esolungutu, rentrez chez vous sans regarder derriere. Prenez ce tam-tam.
- Rentrez chez vous et battez ce tam-tam en citant les noms de tous ceux qui etaient et
qui ne sont plus.
Les jumeaux firent ce qui leur etait demande. Le son du tam-tam mystique se faisait
entendre a mille lieux a la ronde ; le village reprenait vie comme par enchantement.
Mbadi, Mbuli et sa suite apparurent. Les poules et les moutons, les boeufs les lances et
les filets. Les chiens se remirent a marcher, a aboyer, et tous se mirent a danser, tout
le village offrit des cadeaux aux Mapasa. Alors la vie reprit son cours, voila pourquoi
a la naissance de jumeaux, tout le monde doit offrir quelque chose, voila pourquoi
on danse autour d'eux et que tout ce que l'on apporte doit etre paire !
Voila aussi pourquoi les jumeaux sont consideres comme des enfants sacres.