DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009

Bienvenues, bienvenus sur Asante

Bonjour a toutes et a tous. Les contes et légendes qui suivront sont authentiques, sortis de la parole de personnes africaines, citoyens de leur pays et vous seront transmis tel que je les ai enregistre lors de mes années d'Afrique. Ils vous seront transmis tels qu'ils m'ont été transmis afin de garder le charme et l'authenticité de la parole. Comme vous le savez, il s'agit la de trésors de littérature verbale, transmis depuis le fond des ages, de bouche a oreille entre les populations, dans les villages et les villes de ce magnifique continent que constitue l'Afrique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous apprécierez.

jeudi 25 juin 2009

dicton

Peu importe la direction du vent, le soleil va toujours la ou il doit aller

Celle qui ecouta et celle qui n'ecouta pas

Il était une fois un petit village au bord d'un grand fleuve.
La vie s'écoulait paisiblement et tous les habitants étaient heureux chacun dans ses
occupations.
Les hommes chassaient, les femmes cultivaient les champs et les enfants jouaient.
Un jour deux jeunes filles amies, du nom de Kalanga et Mbelu partirent ensemble
puiser de l'eau.
Elles avaient chacune les calebasses de leur mère.
Marchant, courant, bavardant et riant aux éclats comme savent le faire les jeunes filles
insouciantes et conscientes de leurs attributs féminins, elles arrivèrent au fleuve.
  Après s'être baignées, chacune alla puiser de l'eau pour rentrer au village.
Kalanga pour avoir de l'eau propre se dirigea vers un endroit ou le courant était assez
fort.
A peine avait-elle mis sa calebasse dans l'eau, le courant l'emporta laissant Kalanga
bouche bée.
Le premier mouvement de stupeur passe, Kalanga se mit a crier en pleurant :
- Au secours, au secours, ma calebasse, la calebasse de maman ! Que vais-je devenir ?
- Aidez-moi.
Mais plus elle criait, plus la calebasse s'éloignait emportée par le courant.
Les deux amies se mirent a suivre la calebasse en courant sur la rive.
Avec des longues branches, elles essayèrent de la ramener au rivage mais sans succès.
Ainsi la calebasse fut emportée par le fleuve et les deux amies rentrèrent au village.
Kalanga vivait chez une belle-mère. Voyant celle-la les mains vides, celle-ci de crier :
- Ou est l'eau espèce de paresseuse ?
- Hélas ! la calebasse a été emportée par le courant d'eau.
- Quelle calebasse ? ma calebasse ? c'est ce que j'ai toujours dit, malgré tes 14 ans....
- fille a parier, tu n'es qu'une bonne a rien, idiote.... Qui t'épouseras ? Tu n'as donc pas
- de force ? Tu ne pouvais pas la tenir plus fortement ? Et tu oses encore revenir ici
- sans ma calebasse tout de même.
- Va vite, retourne et ne reviens ici qu'avec ma calebasse ! Sinon gare a toi !
Le ton était sans réplique et les gestes en dire beaucoup.
Pauvre kalanga ! La calebasse était déjà loin, Kalanga supplia son amie de l'accompagnée,
mais celle-ci répondit :
- Mais c'est de la folie !... La calebasse est déjà loin et le fleuve est long. Le suivre
- serait dangereux. Ne compte pas sur moi. Ah non !
Triste, Kalanga s'en alla a la recherche de la calebasse.
Elle marcha longtemps, elle rencontra des pécheurs et leur demanda :
- N'avez-vous pas vu la calebasse de ma belle-mère ?
- Comment était-elle ?
- Elle était neuve, la calebasse de ma belle-mère.
- Ma petite nous n'avons rien vu. Tu la retrouveras en suivant le fleuve, mais attention,
c'est dangereux.
Kalanga passa, elle marcha longtemps encore. Fatiguée, mourant de faim, elle aperçu
devant elle une petite fumée qui montait vers le ciel.
Elle avança et aperçu une petite case.
Elle regarda mais personne n'y était. Comme elle avait faim elle entra en espérant
trouver quelque nourriture.
Elle vit alors un feu et derrière le feu dans un coin, une petite vieille ridée et pliée
sous le poids de l'age.
La vieille était sale. Kalanga eut envie de vomir. La vieille dit :
- Sois la bienvenue ma fille. Approche et n'aie pas peur, je suis une personne comme toi.
Kalanga écouta cette voix et s'approcha.
- Approche ma fille, raconte-moi ton histoire. Qui es-tu ? Ou vas-tu ? Et pourquoi faire ?
Kalanga raconta toute son histoire a la vieille bossue.
- Reste aujourd'hui avec moi et demain je te dirai ce qu'il faut faire.
- Vois ma maison, elle est sale.... et moi aussi, je voudrai bien tout nettoyer, mais je suis
- vieille et faible, je n'ai pas la force. Fais le pour moi.
- Surement, grand-mère répondit Kalanga, je le ferai.
Kalanga se mit a tout nettoyer, quand elle eut fini, elle regarda la vieille et dit :
- Maintenant a ton tour grand-mère.
- Tu as tout bien fait. Mais avant de me laver, il faudra me gratter. De la poussière que
- tu auras, tu en feras une pâte que tu jetteras au feu.
Kalanga s'exécuta et malgré sa répugnance, elle fit ce que lui demanda la vieille.
Quand elle eut fini, la vieille qui la regardait fixement lui demanda de préparer de
la viande rôtie avec ce qu'elle trouveras dans la hutte. Kalanga ne trouva que des
crapauds, serpents et des lézards.
Kalanga prépara, mangea puis se reposa.
Le lendemain, la vieille réveilla Kalanga et dit :
- Tu es une bonne enfant. Maintenant écoute ce que je te dirai, écoute les paroles
- d'une vieille.
- La ou tu te rends, tu trouveras un village, tu demanderas a voir le chef et tu lui
- raconteras ton histoire. Il te donnera a manger et a boire, mais tu ne toucheras a rien !
- Tu mangeras les restes de ce que nous avons mange hier. Prends ces restes et va
- en paix. Que les ancetres soient avec toi.
- Merci grand-mère, je ferai ce que tu viens de me dire.
Kalanga prit sa nourriture et s'en alla.
Elle marcha longtemps et trouva un village, elle demanda a voir le chef qui lui dit :
- Reste ma fille ta calebasse est ici. L'un de mes hommes la ramenée du fleuve. Tu l'auras
- mais reste encore avec nous. Nous te la rendrons demain.
Alors le chef du village fit réunir de la nourriture et la présenta a Kalanga.
On plaça deux enfants du village devant Kalanga qui lui dirent de manger. Kalanga sortit
son paquet et commença a manger les reste de la vieille.
Chaque fois qu'elle croquait un os, un des petits criait :
- Oh, elle croque un homme.
Chaque fois qu'elle coupait un morceau de sa nourriture, l'autre criait :
- Oh, elle coupe une femme.
Les femmes vinrent voir. Le repas était intact, elles enlevèrent le tout. Le chef félicita
alors Kalanga et dit :
- Tu n'es pas gourmande, reste et tu partiras demain.
A son réveil le lendemain, Kalanga fut surprise de voir deux servante devant elle.
Elles la lavèrent, lui mirent des parfums et des bijoux de pieds aux bras et dans les
cheveux.
- Sois heureuse toi, qui t'es dépensée et qui a su écouter les paroles d'une vieille, voici
- ta récompense.
Alors vint un beau jeune homme qui la prit pour femme, il la comble de richesse et
de calebasses sans oublier la calebasse de la belle-mère. Des serviteurs les suivirent
sur le chemin du retour vers le village de kalanga.

Et si elle n'avait pas écouter la vieille ?

Ecoutez alors l'histoire de celle qui n'écouta pas la vieille.
En ce jour-la, quand Kalanga rentra au village mariée et bien mariée, comblée de richesse
et heureuse, son amie Mbelu, fut d'abords étonnée, puis jalouse. Les parents de Mbelu
ne tardèrent pas a apprendre la nouvelle qui secoua tout le village.
Jaloux de Kalanga, les parents de Mbelu s'en prirent a leur fille, celle-ci décida de
faire comme kalanga.
Elle prit la calebasse de sa mère, alla au fleuve et volontairement la laissa s'en aller
par le courant.
puis elle retourna au village en faisant semblant de pleurer.
Sa mère lui demanda pourquoi elle pleurait.
- Hélas, ma calebasse fut emportée par l'eau.
La mère de Mbelu pensa "Enfin, nous allons être riches"
Puis elle dit tout haut a sa fille de partir et de ne revenir qu'avec la calebasse.
Mbelu ne se le fit pas répéter deux fois. Elle partit a toute jambes, elle aperçu de la
fumée, elle trouva la petite case, elle vit la vieille.
La vieille lui parla comme elle l'avait fait avec Kalanga, Mbelu alors lui répondit :
- Quoi ? Moi nettoyer ta sale maison ! Moi te laver et te gratter le dos, quelle horreur !
- Vraiment en voila une petite bossue et bien effrontée.... Tu ne te regarde pas non ?
La vieille toute triste lui demanda de cuire la nourriture. Mbelu vit les serpents et
les lézards. Elle cria :
- Moi, manger de pareilles saletés ?
La vieille ne dit rien, elle invita seulement Mbelu a partager sa case pour la nuit
Le lendemain, elle conseilla Mbelu comme elle l'avait fait avec Kalanga, mais Mbelu
refusa la nourriture en ce bouchant le nez et en crachant a terre. Elle s'en alla en disant :
- Vieille bossue, je n'ai que faire de tes conseils, je suis a la recherche de ma richesse
et j'ai déjà assez perdu de temps avec toi.
Mbelu partit, elle marcha longtemps. En arrivant au village, elle vit le chef et lui
raconta l'histoire de la calebasse.
Le chef du village lui demanda d'attendre le lendemain. On porta a Mbelu de la
nourriture, deux enfants furent places pour voir Mbelu qui du reste avait très faim.
Elle se jeta sur la nourriture en se disant :
- Comme c'est bien !
Des qu'elle coupa le premier morceau de viande, le premier enfant cria :
- Aie ! elle mange une petite fille.
Quand Mbelu croqua un os, le deuxième enfant cria :
- Aie ! aie ! elle croque un homme.
Aussitôt, Mbelu fut envahie par des femmes qui lui arrachèrent le tout en l'injuriant.
Le lendemain matin en sortant de son lit, deux servants la prirent, au lieu de parfums,
elles lui versèrent des saletés, au lieu des robes, elles la vêtirent de torchons.
Alors le chef du village l'appela et lui donna un mari nain et boiteux, il lui donna aussi des
malles, des malles a ouvrir chez elle au village. Ainsi elle fut ordonne de partir. Quand
elle arriva au milieu du village, tout le monde se mit a rire, arrivée dans la case Mbelu
ouvrit les malles en présence de son mari et de ses parents.
Il en sortit des fourmillers et des serpents.
Ainsi ce termine l'histoire, non sans nous enseigner, jeunes gens et jeunes filles, de ne
jamais mépriser les vieillards.




dicton

La terre est mère de tout ce qui est anime, le lien des générations passées, présente et a venir.

mercredi 24 juin 2009

La gazelle et le leopard

Un jour, surgit une grosse palabre de terre entre la gazelle et le léopard. La gazelle dit
au léopard :
- Cette terre est ma propriété !
Non, cette terre, répliqua l'autre m'appartient.
Et enchainant encore, il poursuivit :
- Faisons préparer le pain de manioc et invitons les gens. Et nous verrons qui de nous deux
est le véritable propriétaire de cette terre.
Le léopard de son cote fit préparer le pain de manioc et la gazelle en fit autant.
Ils envoyèrent les invitations dans lesquelles ils disaient : "La semaine en huit, venez
tous ici. Nous avons une palabre a régler. Vous les chefs couronnes de cette région,
aidez-nous a voir clair dans cette affaire. Car cette terre, est un éternel sujet de
  désaccord entre moi et l'oncle léopard. Bien qu'a l'origine nous fussions tous deux neveux,
nous nous sommes sépares aux cours de migrations. Cette terre qui ne fait que nous
opposer, nous voulons que le jour de nsona, chacun de nous entoure des siens, sache a
qui elle revient.
Le jour convenu vint. La gazelle, la première prit la parole. Elle parla longtemps en
ces termes :
- Cette terre, je l'ai héritée de mes ancetres. Ils me l'ont léguée pour que quand je
l'aurai mise en valeur, je puisse gagner ma vie. Mais un beau jour, je vis arriver l'oncle
  Léopard:
- Mon neveu, m'interpela-t-il, ne pourrions-nous pas construire dans un meme village ?
Vivre seul, ne trouvez-vous pas cela insupportable ?
- Vivons ensemble, tu es mon neveu et je suis ton oncle.
La gazelle répondit :
- Si tu veux vivre avec moi, entendons-nous d'abord sur notre origine respective.
- Mais si tu ne me fais pas connaitre ton origine, nous ne pouvons en aucun cas demeurer
ensemble.
Le léopard répliqua :
- Toi et moi, nous sommes une seule et même chose. Tu es mon neveu et je suis ton oncle.
La gazelle acquiesça : Parfaitement d'accord. Mais une fois ensemble, fit-elle remarquer
que personne ne cherche noise a l'autre. Nous devrons vivre dans l'entente et la concorde.
Des jours passèrent.... Puis le léopard commença a envouter la gazelle.
Pendant que les juges écoutaient les revendications de chaque partie, la gazelle
entonna une chanson :
- "Malheureux léopard, la ou tu as mange du miel,
- C'est la qu'on t'a maudit !
- Aujourd'hui tu erres partout avec des couteaux Nakaanku !
- Pauvre de toi , on t'a roule !
- Aujourd'hui, tu te promène avec des couteaux !
Les juges d'interroger le léopard :
- Quelle route avez-vous suivie quand vous êtes sorti du Koongo ?
- C'est lui, le neveu, que je suis venu trouver ici. Répondit le léopard.
- C'est bien lui votre neveu, dites vous, que vous êtes venu trouver ici ? Pourquoi
- alors, le provoquer-vous maintenant ? Poursuivirent les juges .
- Pourquoi cherchez-vous a lui faire du tort ?
- C'est lui que je suis venu trouver ici, répétait inlassablement le léopard.
Pendant tout l'interrogatoire, la gazelle a parle avec tant de verve, que les juges
lui donnèrent raison. La gazelle avait toujours la chanson sur les lèvres.
Mais quand on demandait au léopard de chanter ne fut-ce qu'une fois, il grognait entre
les dents :
- Je ne sais pas chanter moi !
La gazelle, elle, ne se lassait pas de chanter.
Tous les parents et amis de la gazelle frémissaient de danse. Quand au léopard, les
siens le suppliait d'entonner ne fut-ce qu'une seule chanson, mais lui répondait
invariablement :
- Je ne sais pas chanter et ne faisait que pleurer.
Voyant tout cela les juges se levèrent et dirent :
- Pour nous la chose est claire. Cette terre en dépit de vos manœuvres, ne vous
appartient pas. C'est la gazelle qui en est le propriétaire foncier.
  Aprèsce jugement, le léopard fut chasse, Et tous ses safoutiers passèrent aux mains
de la gazelle.





dicton

Mbwa azali na makolo minei, alandaka nzela se moko.
Le chien a quatre pattes, il suit un chemin a la fois.

Ilole

Ilole signifie : grand fort et bête.
C'est un mélange du réel et de l'irréel qui fait toute la saveur des contes.

En ces temps-la, après la grande bataille dite de Ndengese, tous les guerriers ramenaient
chez eux leurs otages et leurs butins. Ilole ne garda de tout qu'une canne a nfufu, après
cinq ans de guerre. Ce fut la son seul butin.
Un jour Ilole remarqua Mpesu la punaise, blottie quelque part dans sa canne a nfufu,
La colère aussitôt s'empara de lui. Il cria :
- Des la fin de la bataille, mes compagnons avaient des otages et des butins.
Quand a moi, je n'ai eu que cette canne a mfufu. Et jusqu'ici personne n'a ose la
toucher. Toi sale punaise, tu t'es réfugiée dedans. Tu me le paieras. Tu verras, foi
d'Ilole.
Mpesu la punaise, ne se le fut pas répéter. Elle s'enfuit en toute hâte pour échapper
a la colère d'Ilole.
Malheureusement pour Mpesu, une poule qui passa par-la, fonça sur elle, l'écrasa d'un
coup de bec et l'avala sans autre forme de procès. Tout se passa avec une telle rapidité
qu'Ilole n'avait même pas apaise sa colère. A la vue de ce qui s'était passe, Ilole ne
trouva rien d'autre a faire qu'en s'en prendre a la poule. Cette dernière se sentit
  talonnée et se sauva sur la toiture d'une case. Eh hop, elle était derrière celle-ci. Hop,
elle était dans la broussaille.
Mais le destin en décida autrement. La poule se trouva nez a nez avec Bomanga le
renard.
Depuis deux heures, Bomanga le renard guettait la volaille.
Et se fut trop beau pour lui. Il bondit sur sa victime et d'un coup frappa la poule
et se mit a la déchiqueter. Trop tard Ilole ! Fou de rage, il ajusta une flèche, tira sur
la corde de son arc de toute ses forces et .....Djing, Bomanga le renard s'affala sans
  mêmepousse un cri. Ilole apaise et content de lui-même, se mit a chanter :
- Moi Ilole, qui herita d'une canne a nfufu tsa tse-le tsa tse-le. Malheur a Mpesu qui en
fit sa demeure tsa tse-le tsa tse-le.
La poule la becqueta et la poule fut dévorée par Bomanga tsa tse-le tsa tse-le.
Donc je dépouillerai la peau pour orner mon bouclier tsa tse-le tsa tse-le.
Sur ce, il se mit a dépouiller le renard de sa fourrure.
En son fort intérieur, Ilole pensait. Des demain la peau sèchera au soleil. Ce soir la
bonne chair du renard lui servira de diner. En connaisseur, Ilole claqua sa langue
trois fois. Il se lécha les lèvres a la pensée de ce bon diner et reprit la route de sa
case.
Le lendemain matin, des que le soleil fut haut a l'horizon, Ilole mit la peau du renard
au soleil pour la sécher. Et s'en alla fumer sa pipe de bambou. Alors qu'Ilole se
reposait près du feu, surgit d'où on ne sait ou un grand chien jeune, couleur de paille.
Il fonça sur la peau exposée au soleil et disparut avec.
Ilole sursauta sur sa chaise comme si il venait de piétiner la tête d'un boa.
Heureusement, de ce chien, il en connaissait les maitres.
Il se leva et partit se présenter chez ce dernier.
Arrive, il se fit tout petit et dit :
- Cher ami, tu sais aussi bien que moi, que depuis la fin cette longue bataille inoubliable,
je n'ai eu que ma canne a nfufu. Mpesu la punaise en fit sa demeure, la poule la
  becqueta et fut a son tour dévorée par le renard dont je gardais la peau. Tout a
l'heure ton chien vient de se la régaler.
Aussi, pour ne pas tirer cet incident en longueur, je veux être dédommagé par un
moyen quelconque.
Le propriétaire du chien consentit et remis a Ilole un quartier de viande fraiche qu'il
venait de capturer avec le concours de son chien jaune couleur paille.
Ilole prit la viande et se retira en saluant ses voisins.
  Après quelques jours de marche, sans rencontrer âme qui vive, Ilole arriva dans un
village voisin au sien.
Il jugea bon de s'arrêter a la première case ou il vit une jeune femme allaiter un
  bébé d'environ deux mois.
La jeune femme se nourrissait d'escargots et de mille pattes.
Étonné, Ilole apprit que les habitants de ce village souffrait de la famine. Il leva la
main pour boucher ses narines car l'odeur était nauséabonde.
Pris de pitié, Ilole dit :
- Ecoute-moi jeune femme, j'ai avec moi quelques morceaux de viande. Je voudrais
bien te les remettre, mais a condition que tu les mange tous, sans laisser le moindre
petit os par terre. Compris ?
Cela est un principe pour moi.
La jeune femme acquiesça. Elle prépara avec soin la viande dans une marmite de
terre cuite. Elle mit du piment et du sel et plaça tout sur le feu. La viande était
bonne. La jeune femme mangea mais par mégarde une goutte déborda du vase.
Ilole furieux se leva et cria :
- N'as-tu jamais entendu parler de la bataille de Ndengese ?
Moi j'en sors, je n'avais qu 'une canne a mfufu, Mpesu en vit sa demeure, la poule la
becquetta et a son tour fut devoree par Bomanga le renard dont j'avais garder la peau.
Mais un chien jeune couleur paille s'en régala.
Et son maitre m'avait remis cette viande que tu jettes a terre.
Ah.... ça non ! C'est un sacrilège, je veux être dédommagé.
La jeune femme ne discuta pas, elle remit a Ilole un pot d'huile de palme.
Ilole le prit et continua sa route.
Arrive près d'une mare, Ilole trébucha, le pot fut casse et l'huile se répandit dans la boue.
Ilole se leva, raconta son histoire, injuria la mare et se tut.
Tout a coup comme par enchantement, l'endroit ou l'huile avait coule fut couvert de
champignons.
Ilole gouta, ils étaient de très bons gouts. Content, il se mit a en cueillir. Il en cueillit
tant qu'il voulu et se dirigea vers sa petite rivière qu'il vit tout près de la.
Ilole s'assit pers de la rivière, se pencha et avala quelques gorgées.
La faim lui tenaillant les entrailles, Ilole se mit a nettoyer ses champignons pour les
manger. Quand il s'aperçut qu'au fur et a mesure qu'il en nettoyait, la quantité de
champignons diminuait tant et si bien qu'il ne lui restait plus rien.
Ilole avait faim. Devant lui la foret vierge. Ilole se leva et s'enfonça dans la foret.
Fatigue, affame, Ilole tomba le visage contre la terre. Il n'avait plus de forces.
Soudain, une voix jaillit d'on ne sait ou et s'adressa a Ilole :
- Tu peux manger tout ce que tu veux ; quand tu auras fini, moi je te mangerai.
Ilole tremblait de peur et de froid au fond de cette foret.
Il avait entendu parler des Bidono, ces géants mangeurs d'hommes qui habitaient
la foret. Cette fois il était certain qu'il mourrait mange par un Bidono, peut-être deux
ou trois.
Combien y en avait-il ? Il se releva et distingua une sorte de créature, ni homme, ni
animal. C'était bien un Bidono. Un regard diabolique, une touffe de cheveux en
désordre, un grand bouche plantée dans un tourbillon de graisse rance.
Quel spectacle épouvantable. Ilole avec le peu de force qui lui restait dit en tremblant :
- Si tu me tues maintenant , tu n'auras que les os et la peau.
Mais en me laissant m'engraisse, tu auras une bonne chair a ta mesure.
Le Bidono répondit de sa grosse voix :
- Tu as bien dit, maintenant en route, marche devant.
Ils étaient a présent très loin de la rivière.
Un deuxième Bidono puis un troisième étaient venus se joindre au premier. L'un voulait
le cœur d'ilole, l'autre le cerveau, le troisième préférait les yeux. Le reste était
  réserve aux notables.
Pendant qu'ils discutaient Ilole leur dit :
- En attendant de me manger que l'un de vous aille avec ma gourde me chercher de l'eau
parce que j'ai soif, que le deuxième m'amène de grandes feuilles a manger parce que
j'ai faim, et que le troisième prépare le feu. La gourde d'Ilole etait trouée.
Tous les Bidonos poussèrent un grand cri en signe d'approbation.
Celui qui fut le premier a capturer Ilole partit chercher de l'eau, un autre les feuilles,
le troisième du bois pour le feu.
Celui qui était parti chercher de l'eau ne parvenait pas a remplir la gourde. il tardait
a revenir. Tous les Bidono un a un partirent voir ce qui se passait a la rivière.
Lorsque Ilole fut seul, il se leva, et oubliant sa fatigue, prit ses jambes a son cou et couru vers son village.
Des que les Bidono s'aperçurent qu'il y avait une brèche de part en part de la gourde,
 c était déjà trop tard car il ne retrouvèrent plus Ilole. Ainsi et jusqu'à ce jour, ils
 continuèrent a le chercher. Malheur a celui qui s'y fera prendre.





mardi 23 juin 2009

lundi 22 juin 2009

dicton

Le vieux se chauffe avec le bois récolte dans sa jeunesse.

La sagesse d'un chef de village

La sagesse d'un chef de village est le titre de ce conte qu'un vieillard me raconta
au village, alors que j'étais encore enfant.
La coutume voulait que tous les soirs, nous apprenions par des contes et proverbes
racontes autour du feu, la manière de vivre.
Nous avions rendez-vous chez Kambangu le vieillard dont la case était située au fond
du village.
Ainsi, disait-on, Kambangu protège le village entier contre les ennemis invisibles.
Ce soir-la, assis autour du feu, avec tous mes compagnons du même age que moi,
nous écoutions avec une attention soutenue l'histoire que le vieillard nous racontait
pipe aux dents.
Recroqueville sous le poids de l'age, il était allonge sur une chaise longue faite de
peau de léopard.
Sa voix rauque souvent entre-coupée par des bouffées de fumée nous obligeait
a redoubler d'attention.

Il y avait dans un village un chef qui tait très bon avec ses sujets. il les aimait
tellement qu'il faisait tout a leur place. Il ne manquait rien a son peuple.
Si un sentier était mal entretenu, le chef envoyait d'urgence une équipe de
travailleurs pour remédier a la situation. Gates et inactifs, les villageois ne voulaient
plus rien faire d'eux-mêmes. Ils attendaient que tout leur vienne de leur chef.
Ainsi chaque fois que quelque chose n'allait pas, ils critiquaient leur chef .
- Que ferais-je pour rendre mon village heureux et prospère ? se demandait-il inquiet.
Tourmente et déçu, il pensa longuement et fini par prendre une sage décision. Aide
par ses serviteurs, il sortit du village et roula une grosse pierre au bon milieu du
sentier.
Ce sentier était le plus fréquente, parce que conduisant vers les champs ou les
paysans avaient leurs cultures.
Homme sage, il souleva le rocher et déposa dans un creux du sol un petit sac remplit
de diamants. Une récompense pour celui qui enlèverait la pierre.
Ceci fait, il rentra chez lui.
Les jours ont passes, un groupe de chasseurs passa par la.
- Tiens, quel mauvais chef que le notre ! Manque-t-il de serviteurs pour entretenir
ces sentiers ? C'est incroyable ! A l'allure ou vont les choses, nous ne savons ou nous
aboutirons.
Sur ces propos, ils contournèrent la pierre et s'en allerent.
La même nuit un tireur de vin qui s'était attarde a décrocher ses calebasses, se heurta
dans la nuit contre cette pierre. Et eut toutes ses calebasses de vin cassées.
Furieux, il s'en prit a son chef. Après avoir proféré quelques injures, il contourna
la pierre et s'en alla.
Le temps s'écoula et la pierre était toujours au milieu du chemin.
Un incident cependant branla tout le village lorsqu'une vieille femme, qui revenait
de la foret avec son lourd fardeau fut dévorée par un léopard alors qu'elle tentait
vainement de franchir la pierre.
Mais... ni la peur, ni le sens du devoir n'éveilla la conscience des gens du village.
Tous tenait le mime langage.
Ils se demandaient ce que leur chef attendait pour déplacer la pierre, et se disaient
" l'affaire de tout le monde n'est l'affaire de personne". Les mois passèrent, le chef du
village fatigue et ecoeure de la paresse de ses hommes, les convoqua.
Il les fit rassembler a l'endroit ou il avait placer la pierre.
Il se plaignit de leur paresse et de leur manque de sensibilité.
Il fit enlever la pierre et leur montra le petit sac de pierres précieuses.
Tout le monde s'écria : "Ha si j'avais su".
Des ce jour, chaque fois qu'il y avait un service a rendre a quelqu'un, un travail a
exécuter, on s'empressait de le faire.
Mais la récompense ne vint jamais.
Toutefois le village se mit résolument au travail, et la récompense fut le bonheur
que le travail apporta.
- "Ainsi", conclut le vieillard, mes enfants dans la vie, il ne faut pas attendre qu'on
vous le demande pour rendre service.
Vous travaillerez, et tous pour chacun. Ne dites jamais : "L'affaire de tout le monde
n'est l'affaire de personne".




dicton

Deux amis sont comme des coquillages, ils ne cessent leur murmure.

A malin, malin et demi.

Allons, ecoutez-moi et tenez vous bien.
Je vais vous faire la description de deux fameux farceurs dont la renommee est egale
a eux-memes.
Ils se nommaient Kisale et Masiya. Partis chacun de leur village, ils se rencontrerent
dans une savane et se saluerent.
Masiya portait une cruche en argile noire et Kisale un corbeau dans un panier.
Kisale demanda a masiya :
- Que portes-tu la citoyen ?
- Tu le vois bien, c'est une cruche et je voudrais l'echangee contre une poule.
- Ca alors cela tombe bien. Et moi j'ai justement une poule et je desirerai tant l'echangee
contre une cruche.
- C'est entendu allons a l'ombre faire notre echange.
Ainsi fait, suivi l'echange.
- Citoyen, n'ouvre pas ici la corbeille, la poule est farouche et n'est pas attachee, elle
pourrait s'envoler.
- Ma cruche vient d'etre trempee, attends un peu, ne te presse pas de t'en servir, elle
pourrait s'ebrecher.
Et chacun rentra chez soi.
Masiya arrive dans sa case ouvrit la corbeille et soudain ....
Croassement de corbeau !!!
Le corbeau s'enfuit en croassant.
Kisale de son cote entreprit d'emmancher sa cruche.
La cruche se brisa.
Kisale et Masiya, chacun fut pris d'admiration pour l'autre et tous deux crierent :
- Nous sommes deux coqs de meme crete, a nous deux nous ferons la loi sur cette
bonne terre. Il faut que nous nous unissions.
Ils se rencontrerent et preparerent un excellent repas pour feter leur nouvelle amitie.
Kisale dit a Masiya :
- Allons d'abord dormir tous deux et celui qui fera le plus beau reve, mangera le repas.
Masiya acquiesa. Ils partirent se coucher.
Quelques heures plus tard, Kisale ouvrit les yeux et dit :
- J'ai reve que je montais au ciel, et que je voyais des choses magnifiques. Je suis
tellement ravi.
- Moi j'ai reve que je te voyais au ciel, et me suis dit ; il est tellement ravi par les
choses magnifiques qu'il voit, que jamais il ne voudra redescendre, aussi en me
reveillant juste un peu avant toi, j'ai mange le repas.
Au fait, te voila a nouveau parmi nous, felicitations...
Je n'ai pas fini les gars ; tendez bien vos oreilles ......
Une autre fois les deux comperes marchaient de compagnie lorsqu'ils aperçurent un
vieillard qui gardait ses boeufs en fumant sa pipe.
- Que pourrions-nous inventer pour faire tuer a ce vieillard l'un de ses boeufs et le
manger ?
Kisale eut une idee :
- Ecoute, il suffira que l'un de nous s'enterre sous un rocher, le rocher que voici.
- D'accord dit Masiya
Kisale s'enfonça sous le rocher et, l'air morose Masiya s'approcha du vieillard.
Bruit d'echo
- Kono-Kono.... Si un de tes boeufs n'est pas sacrifie tu mourras !
Ainsi kisale parla de sous le rocher en faisant resonner la pierre de ses appels.
- Le vieillard resta muet a l'appel de cette voix etrange puis il dit ;
- Que la voix que nous entendons fasse silence.
Mais la voix reprit ;
- Kono-Kono ..... Si l'un de tes boeufs n'est pas sacrifie, tu mourras.
Alors Masiya s'approcha du vieillard et dit :
- Pere, cette voix me chavire le coeur.
Le vieillard se plaignit.
- Il faut que j'aille dire cela a mes enfants et a ma femme de peur que cela soit vrai.
Le vieillard partit, et lorsqu'il fut arrive a sa case, il raconta tout a sa femme, celle-ci
lui repondit :
- Peut-etre tu peux sacrifier un boeuf, mais qu'offrira le sacrifice ?
- T'occupe pas de ça lui dit le vieillard.
Il repartit en toute hate avec une hache, une corde, un couteau. Il arriva pres de
Masiya qu'il chargea de faire le partage du boeuf apres le sacrifice...
Masiya coupa d'abord la tete du boeuf, il l'a beni en disant :
- Jolie tete, bienfaisante es-tu pour moi ou pour le vieillard ?
- Pour moi fiston, dit le vieillard.
Ensuite Masiya coupa l'epaule et la deprecia en ces termes :
- Mauvaise epaule, epaule de malheur, es-tu pour moi ou pour ce vieillard ?
Le vieillard n'en voulut pas et dit :
- Prends-la pour toi mon enfant.
Massiya decoupa la poitrine et la deprecia en ces termes :
- Poitrine dangereuse poitrine de microbes es-tu pour moi ou pour le vieillard ?
Le vieillard fut degoute et dit :
- Qu'en ferais-je ? Prends la mon fils.
Masiya coupa la queue et dit :
- Valeureuse queue, queue des dieux, es-tu pour moi ou pour le vieillard ?
Le vieillard tonna :
- Pour moi profane.
Indifferent, Masiya fit ainsi avec tous les morceaux de l'animal, ce qui etait mauvais
allait au vieillard, toute la bonne viande lui restait. Il rendit ensuite confiance au
vieillard en disant :
- Pere, tu es maintenant debarrasse du mauvais sort, vis tres longtemps avec tes boeufs
et merci beaucoup pour la viande.
Puis Masiya alla chercher Kisale au fond du rocher et lui dit :
- Ainsi cher associe, j'ai fais ce partage de la viande. C'etait simple, j'ai deprecie la
bonne viande, et vante la mauvaise, et ce vieux chacal m'a beni, quel idiot ...
J'ai la dans mon sac toute la bonne viande.
- Excellente affaire dit Kisale en se frottant les mains.
- Car nous aurons chacun beaucoup de viande a manger, mais entre nous, peut-etre que
bientot le respectable Kono nous mendiera.
- Quoi ? Monsieur fait de l'esprit a present ? Monsieur oublie que l'idee est de lui-meme,
et que les boeufs tues pour les morts s'appellent "viande mauvaise".
- Au contraire, les boeufs tues pour les vivants s'appellent "viande bonne". Cette viande
est de cette derniere categorie, citoyen, ne crains rien.
- He he he, il y a du vrai dans ce que tu dis la, ou avais-je la tete, nom d'un boeuf !
- Ta tete, remarqua Masiya songeur, elle ne me revient plus.....
Les gars, a moi de vous demander qui est le plus malin de deux ?



dimanche 21 juin 2009

dicton

Aussi longtemps que les lions n'auront pas leur historien, les recits de chasse tourneront toujours a
la gloire du chasseur.

Le lion et le boa

Luebo Kasai-Occidental

Je n'ai qu'une seule passion : Les voyages. J'ai bourlingue sur toutes les mers du monde.
J'ai roule ma bosse sur tous les continents. Par une belle soiree, ce jours-la, je me trouvais
a Mouila quand un petit vieux m'accosta :
- Donne-moi 10 makuta, missie, et je te raconterais une histoire.
- Quelle histoire donc ?...
- Une histoire veritable dans la grande foret.
- Es-tu le seul depositaire ?
- Oui, missie, c'est un singe que j'avais capturer et apprivoiser qui me l'a racontee.
- Vas-y raconte moi ton histoire.
- Dix makuta d'abord, missie ...

La nuit etait dense et opaque. Du nord, une brise fraiche battait le dos des feuilles.
La lune glissait un oeil curieux entre les branches, et dans le grand ciel, des milliers de
lucioles d'or et d'argent emaillaient son sombre manteau.
Ba-Hula secoua le morbide manteau de terreau qui le couvrait.
Trop tot, il se recoucha aur son grabat de feuilles seches, gemissant de douleur contenue
et de rage. Il etait encore trop tot.
Je ne m'en aperçu pas immediatement, je dormais sous la taniere de Ba-Hula, mais
j'attendais cet instant, un peu parce ce que je suis l'ami de Ba-Hula, et surtout a cause
de ma curiosite legendaire.
Ba-Hula est un lion, un jeune animal bien sur, mais le maitre quand meme de toute
la foret. Ba-Hula porte grand orgueil et grande fierte de l'amour qu'on lui voue.
Cet orgueil deteint un peu sur moi, qui suis l'ami de tous les animaux de la foret.
De branche en branche, de rameau en ramille, les doigts effiles de la lune s'etaient
rassembles anxieux, ils attendaient le moment terrible de la grande decision.
LE SERMENT
- Ecoutez , "Lune", ecoutez, vous tous mes amis de la foret
Pas un bruit, pas un chant, pas un cri..... Seul un silence pesant.
Au moment de la floraison, Ba-Hula et son epouse mirent au monde de petits lions.
Mais l'epouse de Ba-Hula tomba entre les mains des chasseurs, les hommes.
- Vous tous, mes amis de la foret, savez quel malheur m'a frappe ensuite ....
Un jour en revenant de la chasse, je ne trouvais dans la taniere que des petits corps
froids, inanimes gisant l'un sur l'autre .... Nal-Dag le boa, les avait tues.
Le lion se tut, le vent se calma et les arbres resterent figes dans l'attente...
Nal-Dag a tue les fils de Ba-Hula, Nal-Dag a enfreint les lois de la foret. Nal-Dag les
a etouffes par pure haine, et non parce qu'il avait faim.
Vous etes tous mes freres de la foret, entendez ma voix. Ba-Hula hurle de vengeance
et dit :
- Je frapperai Nal-Dag a mort et sa peau sera un tapis devant ma couche.
LA CHASSE
A dater de ce jour, la guerre etait declaree entre Ba-Hula et Nal-Dag.
Lorsque l'un ou l'autre des deux rivaux passait a proximite des animaux, ceux-ci
baissaient instinctivement la voix. Ca ne pouvait plus durer longtemps.
Un jour les deux adversaires se rencontrerent. Leurs yeux lançaient des eclairs de rage.
- Te voici Nal-dag, l'heure des comptes a sonnee.
D'un bond prodigieux, Ba-Hula s'elança sur le boa, mais ce dernier, plus rapide se glissait
deja entre les arbres. La poursuite alors commença. Ba-Hula ecumait de rage, hurlait
de colere :
- Entendez-vous mes amis, Nal-Dag a fuit.
Nal-dag etait insaississable parmi les herbes et les taillis, mais dans son coeur il meditait
une attaque.
LE COMBAT
Un apres-midi un grand combat eut lieu.
Suspendu par la queue dans un arbre, j'aperçu en dessous de moi la masse de Nal-Dag
entortille en miles spires autour d'un arbre surplombant le sentier. Le lion s'approchait
doucement de son pas cadence, Nal-Dag leva un instant la tete seulement.
Une seconde plus tard, Ba-Hula etait prisonnier du serpent.
Les deux animaux enlaces furieusement, roulerent sur le sol jusqu'au bord de la
riviere.
- Tu peux crier, te lamenter, Ba-Hula, et appeler tes amis a l'aide, je n'en reste pas
moins le plus fort.
- Je n'ai pas dit mon dernier mot Nal-Dag pas encore.
La ferocite des adversaires augmentait de seconde en seconde et le sol portait de
vilaine trace de combat.
Sur le bord de la riviere, les caimans attendaient l'issue de la lutte, qui d'ailleurs
ne durerait plus longtemps. Le pauvre Ba-Hula poussait des cris rauques, et a chaque
inspirations Nal-Dag resserait un peu plus son etreinte. Maintenant tous les nerfs du lion
etaient tendus, Ba-Hula gisait inerte entre les spirales du boa.
Alors Nal-Dag fierement leva la tete et dit :
- Je suis le vainqueur, amis de la foret.
Au meme instant, Ba-Hula enfonça ses dents dans le cou du boa.
Peu a peu les spires de Nal-Dag se relacherent, alors Ba-Hula reprenant son souffle rauqua :
- Non, amis de la foret, non Ba-Hula est le seul vainqueur, et la lune est temoin du
serment que j'ai prete.
La nuit est avec moi, siffla Nal-dag, tandis que sa queue battait rageusement au sol.
Vehement, Ba-Hula vocifera :
- Nal-Dag, je ne ferai pas un tapis de ta peau, tu ne merites pas cet honneur, tu ne verras
plus le le soleil, ni la lune, car je vais te crever les yeux de mes griffes.
- Tue-moi plutot !
- Non, tout le monde connait ta vergogne et nul n'ignore ta raillerie. Va maintenant
et ne te trouve jamais plus sur ma route.
Et Nal-Dag aveugle, s'esquiva vers la riviere. On raconte que jamais les caimans ne
le voulurent comme compagnon. Nal-Dag le serpent qui avait viole les lois de la
foret fut contraint a finir ses jours en compagnie des hors la loi.



L'erreur n'annule pas la valeur de l'effort accompli.

Les animaux

Dans un village demeurait un groupe d'animaux. Ils avaient un jardin qui contenait
beaucoup d'arbres fruitiers, dont ils cueillaient les fruits. Mais au beau milieu du jardin,
se trouvait un arbre dont ils mangeaient les fruits mais ignoraient le nom.
Mais un jour, il se concerterent :
- Nous devons aller demander a Dieu le nom de cet arbre dont nous mangeons les fruits
sans cependant en connaitre le nom. Pourquoi l'ignorer ? Il faudrait connaitre son nom.
Dame antilope partit la premiere ; elle partit tres tres loin. Finalement, elle arriva
chez Dieu.
- Que viens-tu faire ? demanda Dieu
- Je viens m'informer du nom d'un arbre. Nous prenons les fruits de tous les arbres qui sont
dans le jardin. Mais il y en a un, plante tout a fait au milieu du jardin, dont nous ignorons
le nom. Et pourtant nous avons toujours mange de ses fruits.
Dieu dit :
- Pour que je te communique le nom de cet arbre, il faut au prealable observer trois
prescriptions :
- Ne pas prendre de l'eau en route, ne heurte rien, ne marche pas sur une herbe. Compris ?
- Oui, repondit l'antilope.
- Rentre chez toi, ajouta Dieu.
Mais avant de rentrer elle s'enquit bien sur le nom de l'arbre.
- Mbidiloondi, lui cria Dieu.
En route, l'antilope entonna une chanson :
- O mbidi, mbidiloondi !
- mbidi !
- mbidiloondi !
- marcheras-tu sur l'herbe,
- mbidiloondi !
- heurteras-tu une souche !
- mbidiloondi !
- prendras-tu de l'eau !
- mbidiloondi !
Apres avoir longtemps marche, elle vint a pietiner une herbe. Elle en oublia la chanson.
Elle retourna de nouveau chez Dieu et lui dit :
- J'ai oublie la chanson !
Dieu lui repliqua :
- Et pourtant, je t'avais bien demande de ne pas pietiner d'herbe, de ne pas prendre
d'eau, de ne rien heurter. L'arbre s'appelle mbidiloondi.
Elle se remit en route, sa chanson aux levres.
Apres avoir longtemps marcher, elle vint a heurter une souche. Elle en oublia la chanson.
Elle retourna de nouveau. Elle dit :
- J'ai oublie la chanson.
- Je te le repete pour la derniere fois, insista Dieu. Ne viens plus ici. L'arbre s'appelle
mbidiloondi.
Elle rentra repetant toujours sa chanson.
Arrivee pres d'une riviere, elle fut prise d'une soif a secher la gorge.
- Me desalterer oui ou non ? se demanda-t-elle un instant. Elle ceda et bu de l'eau.
Elle en oublia le nom. Et elle en fut tellement decouragee, qu'elle continua sa route
sans plus savoir que faire.
Quand elle fut arrivee, les autres demanderent :
- Quel est le nom ?
- On me l'a dit, mais je n'ai pas su le retenir. Et puis je suis revenue.
La gazelle a son tour parti : meme chose.
- A toi, maintenant maitre crapaud.
Le crapaud s'en alla.
- Que viens-tu faire ? lui fut-il demande.
- Je viens demander le nom d'un arbre. Nous prenons toujours de ses fruits, mais nous
ignorons son nom.
- L'arbre s'appelle mbidiloondi. Mais attention : ne marche pas sur une herbe, ne prends
pas d'eau, et ne heurte rien.
Apres cela, il se mit en route, la chanson aux levres.
Apres avoir parcouru une longue distance, il heurta une souche. Il retourna de nouveau
chez Dieu.
- Maintenant c'est la derniere fois, ne reviens plus. Mbidiloondi est le nom de l'arbre.
La chanson toujours aux levres, le crapaud se mit en route.
Il arriva pres d'une riviere. Apres un moment d'hesitation, il passa outre et traversa.
Il continua de chanter jusqu'au village ou attendaient ses compagnons.
Ses compagnons se joignirent a lui et chanterent en choeur.
Tout le monde felicita maitre crapaud. Voila maitre crapaud au corps plein d'ecailles
que tous nous meprisons, c'est lui maintenant qui nous a ramene le nom de l'arbre.