DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009

Bienvenues, bienvenus sur Asante

Bonjour a toutes et a tous. Les contes et légendes qui suivront sont authentiques, sortis de la parole de personnes africaines, citoyens de leur pays et vous seront transmis tel que je les ai enregistre lors de mes années d'Afrique. Ils vous seront transmis tels qu'ils m'ont été transmis afin de garder le charme et l'authenticité de la parole. Comme vous le savez, il s'agit la de trésors de littérature verbale, transmis depuis le fond des ages, de bouche a oreille entre les populations, dans les villages et les villes de ce magnifique continent que constitue l'Afrique. Je vous souhaite une bonne lecture et j'espère que vous apprécierez.

jeudi 9 juillet 2009

dicton

Ebale na mbonge, olukaka na bwanya.
Quand le fleuve s'agite, pagaie avec sagesse.

L'enfant et son pere

Un soir de la saison sèche, par un splendide clair de lune, sous un ciel ruisselant de
sourire d'étoiles, les gens du village se réunissent autour du feu, devisant, décortiquant
des arachides pour les prochaines semences, car les premières pluies s'annonçaient.
On se racontait des récits fabuleux, des hauts faits des aïeux et des devinettes
traditionnelles.
On en vint aux tours des esprits de libres inventions pour jouer au plus fin.
Il y avait, assis près de son père, un garçon surnomme Nsiese, gazelle parce qu'il passait
pour le plus fin et le plus ingénieux de sa classe et de son age.
La gazelle en effet est , dans l'univers animal, le roi des finasseries.
Le fils interpella son père en ces termes :
- Papa, quand j'ai acheté ce pagne étais-tu ne ?
- Ah quelle belle trouvaille. C'est une niaiserie inouïe, n'est-ce pas mon fils ?Quand  tu es
sorti de mon dos portais-tu deja ce pagne ?.....
- Réponds-moi.....
Nsiese demeura bouche bée, mais il ne se tint point pour battu. Il laissa d'abord
l'assistance se tordre de rire. Puis les esprits en suspend, les regards fixes sur
l'enfant, celui-ci reprit :
- Soit, papa, mais si je me cachais ?
- Pêcheur, j'ai fouille les eaux, j'ai fouille les airs, j'ai fouille la terre. Cache-toi ou tu veux !
Des jours passèrent. L'enfant entra dans une arachide, un coq l'avala. Mais croque par
une fouine, cette dernière tomba a son tour sous la patte du léopard qui se fit dévoré
par un crocodile. Celui-ci descendant le courant, s'engouffra dans une grande nasse tendue
par le père du garçon disparut.
Pendant trois jours et trois nuits, on chercha partout l'enfant sans le trouver.
Les jeunes commencèrent déjà le deuil. Mais le père les pria de garder espoir et
patience.
Le jour suivant, le père sortit au petit matin pour aller voir ses pièges, en foret et
ses nasses dans la rivière. il trouva le crocodile en train de se débattre dans la nasse.
Il le capture et le dépeça.
Dans son ventre, il trouva le léopard. et remontant, du léopard a la fouine, de la fouine
au coq, du coq a l'arachide, il retrouva a l'intérieur de celle-ci, l'enfant disparut depuis
trois jours.
- N'ai-je pas raison mon fils ?
L'enfant resta bouche bée, les jours passèrent. Un matin le père dit a son fils :
- Viens avec moi a la chasse.
Ils partirent tous les deux. Le fils marchait derrière le père, qui soudain aperçut un
buffle pris au piège.
Il assomma l'animal et monta dessus, puis envoya son fils au village appeler des porteurs.
Parvenu aux abords du village, Nsiese entendit des pleurs. C'étaient des chants de
de deuil, des complaintes bien connues pour le décès d'un chef.
L'enfant s'approcha d'un pas tremblant. Une foule nombreuse entourait la maison.
L'enfant écouta attentivement les paroles : c'est papa que l'on pleurait
Il revint sur ses pas et vit son père debout sur l'animal. Le père furieux promit une
  sérieuse correction a son fils si celui-ci ne revenait pas avec des porteurs avant le
coucher du soleil.
L'enfant fit encore quelques va et viens infructueux.
Mais tant d'émotions l'épuisèrent. Et le voila écroule en larmes aux pieds de son père
en le suppliant de lui dévoiler ce mystère.
Triomphant, le père saisit la main de son fils et lui dit :
- Qui a raison mon fils ?
Nsiese reprit tout ses sens et se souvint : Papa a lève le défi. Le père conclut :
- Le père c'est le père, le fils c'est le fils. Les oreilles ont beau grandir, elle ne pousse
point plus haut que la tête. Plus large que la source, la rivière ne coule point plus
haut qu'elle.


lundi 6 juillet 2009

dicton

Ngomba na ngoma ekokutunaka te, kaka bato.
Les montagnes ne se rencontrent pas, seuls les hommes peuvent se rencontrer.

Le conte de Kalonz' A Mwadi

Jadis au pays du fleuve Zaire, dans la région baignée par les confluents de l'affluent du
Kasai, vivait, esseulée, une jeune femme veuve du nom de Fanga Mwadi.
Mwadi attendait famille depuis six lunes quand le destin tragique frappa son brave mari
en pleine chasse.
Un jour, avec les autres femmes du village, elle décida de partir en brousse chercher du
bois sec.
Les femmes préféraient le bois "Mamba" que l'on trouvait a une demi journee de marche
du village.
  Réveillées avec le soleil, Mwadi et ses compagnes arrivèrent-elles au premier "Mamba",
lorsque l'astre du jour avait parcouru au firmament la moitie de son voyage quotidien.
  Aussitôt arrivées, toutes se mirent au travail, a peine termine de découper, chacune
fit son fagot.
Soudain, le vent souffla, les nuages cachèrent le soleil annonçant l'orage.
L'alarme donne par la plus âgée des femmes disait notamment :
- Mvula a mishind mwitwika mwitika, orage que chacune se charge.
L'une après l'autre, les voisines de Ganga Mwadi qui avaient jetés sans peine leur
charge sur la tête, reprirent le chemin du village.
Mwadi ne pouvant s'exécuter a cause de son état pré-maternel, se retrouva seule.
Désespérée, elle était prête a abandonner son fardeau qu'elle ne pouvait plus charger
sur sa tête, quand d'entre les bois surgit un homme grand comme un chef guerrier.
En temps normal cette apparition aurait du faire peur a cette femme seule, mais
maintenant, ce géant presque, fit jaillir une lueur d'espoir sur le visage de Mwadi.
- He, l'homme ! Ne pourriez-vous pas m'aider a charger ce fardeau sur la tête ?
- Si, femme ! Mais a une condition, que vous me promettiez quelque chose en retour.
Mwadi sans réfléchir l'encouragea.
- Je suis prête a vous donner ce que le cœur vous dit.
A la vue de son interlocutrice, le cerveau du géant suggéra :
- Je voudrais que l'enfant dont tu accoucheras soit mon épouse, au cas ou se serait une
fille, et mon filleul au cas ou se serait un garçon.
Mwadi ne pensant qu'a son fardeau, répondit sans sourciller :
- Oui guerrier, elle sera ton épouse.
L'homme disparu comme il était venu, après avoir mis en équilibre le tas de bois sur
la tête de la femme.
Mwadi arriva au village et sa vie continua calmement.
A la neuvième lune de sa grossesse, Tanga Mwadi donna le jour a un bébé luisant de sante.
Elle lui donna le nom de l'arrière-arrière-grand-père de son mari qui s'appelait Kalonz.
Comme il n'existait pas de prénom pour le nouveau-ne, on l'appela Kalonz fils de Mwadi
ou Kalonz'A Mwadi.
Quelques temps plus tard, l'homme des bois apprit que la jeune femme avait mis au
monde un fils, il vint au village prendre possession de son filleul.
Il trouva chez la veuve tous les gens du voisinage. Les commères qui dorlotaient le bébé.
se le disputaient déjà comme époux. L'on affirmait aussi que le jeune orphelin n'avait
a redouter de la vie, car son père qui était allé retrouver les ancetres, le protègera
puisque les morts de chaque famille deviennent des Dieux protecteurs.
Mam'Wafwak, salua le nombre en guise de félicitations a la jeune maman qu'il venait
dépouiller.
- Ou ce qu'il est mon filleul ? Je voudrais le contempler, le toucher et enfin l'emmener
avec moi dans les bois ou il grandira et travaillera pour son parrain.
La mère plaidoya :
- Que vous êtes presse homme des bois, votre filleul n'a que quelques jours, laissez-moi
le nourrir avec le lait de mon sein, laissez-moi vous l'entretenir, vous viendrez le chercher
quand il aura atteint l'age de douze saisons des pluies.
Au village, Kalonz vivait maintenant sa douzième saisons des pluies.
Il était d'une intelligence remarquable et plus d'une fois, il avait su déjouer les mauvais
tours que jouaient a sa mère les vieux du village, jaloux parce qu'elle n'avait pas
consenti a leur demande en mariage. un jour, la mère de kalonz pilait du mais devant
sa case quand elle vit arriver l'homme des bois, loin d'avoir perdu la notion du temps.
- Femme ou est ton fils ? C'est aujourd'hui que je l'emmène.
- Ne pourriez-vous pas patienter encore un peu ? je n'ai vraiment personne pour m'aider.
- non, femme. cela suffit comme ça, il n'y aura plus d'autres délais, c'est aujourd'hui que
je l'emmène.
De la main elle indiqua la taille de son fils, l'homme des bois s'en alla vers le fond du
jardin. Tous les gosses, a peu près une vingtaine, avaient la même taille.
Il les toisa et demanda :
- Lequel parmi vous s'appelle Kalonz' ?
- Kalonz' se mit debout et lui présenta un a un tous ses amis, il se trouva que tous se
nommaient Kalonz"
Quand a Kalonz' , le vrai il se présenta comme Kalonzolol.
- Enfin dit le monstre ; vous connaissez kalonz' ?
- Choisissez votre Kalonz'. lui répondit l'enfant.
Indecis, celui-ci rentra bredouille chez la mère de l'enfant a qui il rapporta sa mesaventure.
- Mwadi qui ne voulait pas manquer a sa parole dit :
- Repassez demain, je m'arrangerai pour qu'il soit reconnaissable.
Le jour suivant, Mwadi prit la précaution de coiffer les cheveux de son fils d'une façon
insolite.
Quand l'homme des bois se présenta, elle lui signala que son fils était coiffe d'une façon
exceptionnelle.
Mais devant les enfants, le monstre ne put reconnaitre Kalonz'.
Le monstre rentra une fois de plus chez Mwadi et expliqua son échec.
- Demain, il ne t'échappera pas.
Le lendemain, Mwadi qui savait son fils dévoué, l'envoya en foret lui cueillir les fruits
de l'arbre géant non loin du village.
Kalonz' qui aimait la foret et qui pensa n'avoir rien a redouter, entreprit sa montee
quand soudain :
- Ha! ha! ha ! ha !... Tu es mon enfant, l'on verra aujourd'hui si tu sauras m'échapper.
- Ha! ha! ha! ha !...
Kalonz' effraye au début, ne bougea pas, il réfléchit en prenant son temps puis dit
  trèscalmement :
- Bonjour vieux, enfin vous voila ! ça fait longtemps que je vous attends pour que l'on
aille ensemble chez vous, mais laissez-moi rapporter ces fruits a ma mère.
- Pas question garnement, descends de la et vite sinon, je viens t'y chercher !
- Épargnez-vous donc cette peine. Fermez les yeux et ouvrez votre cabat. D'ici, je
plongerai et quand vous m'aurez senti dedans, fermez-le sans y regarder. vous ne
l'ouvrirai qu'a votre arrivée chez vous. Ou alors, je pourrai m'échapper !
Confiant, le monstre suivit les instructions de Kalonz'
Ce dernier qui n'attendait que cela jeta dans le cabat qui lui était ouvert le plus gros et
le moins mur des fruits qu'il avait apportes. Le monstre senti le poids et cru que Kalonz'
avait tenu sa parole. Jaloux de sa capture, il mit les jambes a son cou, et couru
aussi vite qu'une antilope.
Grande fut sa fureur quand, enferme dans son antre, il découvrit que le petit Kalonz'  s'était une fois de plus avéré plus malin que lui. Décidément, l'enfant de la veuve n'a
pas son pareil sur terre pour tromper et ruser de cette façon-la. Il est diaboliquement
malin ce petit, conclut-il.
L'homme des bois consulta alors les profanes qui lui conseillèrent de voir Nridi-Mukul-
Mawej a Ngoya, le jaloux Dieu de la ruse, qui ne pouvait accepter qu'il exista sur terre
un être plus malin que lui. C'est ainsi que le petit Kalonz'A Mwadi reçu une invitation
officielle du tout grand Nridi-Mukul.
Comme il était de rigueur dans les milieux nobles, qu'en répondant a une invitation
l'on se fasse accompagner d'une suite de conseiller. Kalonz' choisi pour se faire, un
grand troupeau d'animaux dont l'espèce variait de la mouche "Njinji" jusqu'à
  l'éléphant"Nzoku". C'était une véritable armée ou chacun avait un rôle a jouer.
Car Kalonz' préférait avoir ces animaux, dont chacun savait faire une seule chose
au lieu d'hommes qui voulaient faire plusieurs choses a la fois sans pour autant en réussir
une seule. La route était longue, sept jours et sept nuits de marche. Le village était loin
  derrière Kalonz' et sa troupe quand ils se trouvèrent devant une route barrée par des
troncs de baobabs. il a fallu toute la force de l'éléphant pour ouvrir le chemin.
La troupe marchait au rythme du tam-tam que jouait un singe, et l'oiseau "Konyi"
chantait cet hymne d'endurance que reprenait en chœur toute la troupe.
- Kalonz' fils de Tanga Mwadi, allons répondre a la convocation de nridi.
la troupe avait marche deux jours durant, quand un de nouveau un autre obstacle se
  présenta devant eux. il y avait des épines sur toute la largeur de la piste. Ce tapis de
ronces se terminait sur une montagne de pierres.
Plus question de faire appel a la force de "Nzoku" l'éléphant, cette fois c'est la
troupe géante qui résolu le problème en creusant une voie souterraine.
C'est donc par un long tunnel que Kalonz' continua sa route.
Les difficultés ne faisaient que commencer ; Il ne se passait pas un jour sans que la
troupe ne franchissait un obstacle grâce a tel ou tel animal.
Le septième jour, aux heures ou le soleil vire au rouge, Kalonz' vit jaillir
majestueusement du sol, a cinq milles pieds de la troupe, la cite divine du Nridi.
comme dans toute armez organisée, Kalonz'A Mwadi bénéficiait des services spéciaux
d'éclaireurs.
  C'était les mouches et les moustiques, qu'il avait envoyés devant lui pour lui rapporter
des informations sur l'accueil que le dieu Nridi leur réservait.
C'est ainsi qu'a son arrivée dans la cite de Nridi, Kalonz' alla saluer avec tous les honneurs,
le seigneur dieu qui s'était isole pendant qu'un de ses hommes occupait le trône pour
tromper la vigilance du visiteur.
Par ailleurs, Kalonz' préféra s'asseoir a même le sol au lieu d'aller occuper la chaise
longue qu'on lui présenta. En effet, cette chaise était placée sur une natte cachant
un trou profond. A l'heure du repas Kalonz' préféra la pâte de mil blanchie servie avec
les feuilles de manioc, au lieu de la pâte appétissante qui était servie avec du poulet
empoisonne.
A l'heure du coucher, Kalonz' alla dans la case qu'on lui avait préparée, mais avant que
le premier chant du coq ne réveilla le village, Kalonz' sortit avec toute sa suite et s'en
alla en brousse, d'où il revint a l'endroit ou se trouvait sa case.
Le plus surpris de revoir Kalonz' vivant fut Nridi lui-même, qui s'était fait confirmer
par ses hommes la mort de Kalonz' et des siens.
Ces derniers avaient entendu les détonations des explosions des calebasses non mures
que Kalonz' avait placées dans les cases désertées par les siens. Ainsi, il trompa l'oreille
de ses ennemis.
Kalonz' s'apprêtait a faire ses adieux a Nridi, son séjour ne devant pas dépasser
en principe deux jours.
Il lui fut alors demander de façon intransigeante de rester encore quelques temps.
Nridi lui dit :
- Fils, maintenant que tu as fini ta visite dans ce monde, je ne résiste pas a l'envie de
te demander un dernier petit service.
- dites toujours Grand Seigneur, fit kalonz'
- Tu vois ce régime de Palme qui muri la ?
- Oui, je le vois.
- he bien, prends cette machette et va me le cueillir.
- Avec plaisir, Seigneur Dieu, mais voulez-vous entretemps enlacer ma ceinture pendant
que je monte a votre palmier ?
Nridi avait mis la ceinture de Kalonz' autour de la taille.
De son cote kalonz' avait atteins la mi-hauteur du palmier quand de sa chaise Nridi
ordonna au palmier de quitter le sol par des paroles magiques.
Il disait :
- " A kadibwe inde" palmier va-t-en et le palmier qui s'etait arrache du sol avec toutes
ses racines montait droit au ciel.
Kalonz' qui y était cramponne n'avait plus de contact avec le sol. C'était de bonne
guerre, et il resolu de défier son adversaire.
Ainsi Kalonz' ordonna a sa ceinture de se resserrer. Ainsi, au fur et a mesure que le
palmier montait la ceinture se serrait de plus en plus.
Le tour de taille du dieu était maintenant a sa moitie et Kalonz' était si haut qu'on ne
le voyait plus distinctement.
Soudain, Nridi sur le point d'étouffer, ordonna au palmier de redescendre.
plus le palmier se rapprochait du sol, plus la ceinture se desserrait du ventre du dieu.
Bientôt, Kalonz' put mettre le pied a terre et débarrassa son rival vaincu de la
ceinture redoutable.
Ce même jour, Kalonz' rentrait triomphant, mais surtout libre pour toujours dans son
village natal.